Bacalan. Après le
choc de la démolition du pont du Pertuis, la mobilisation ne s’éteint pas pour
préserver la largeur du passage entre les deux bassins à flot
Le pont est détruit,
sauvons le pertuis !

Alors
que la démolition du pont du Pertuis, le dernier pont à culasse en France, se
poursuit à coups de chalumeaux, ses défenseurs ne baissent pas les bras. Par la
voix de Robert Venturi et Pierre Cétois, vice-présidents de l’association de défense des intérêts du quartier de
Bacalan, ils continuent de regretter « cette erreur au regard de
l’histoire industrielle et maritime qui a laissé démolir un patrimoine de
grande facture. » Seulement, ils continuent la lutte pour tenter de sauver
ce qui peut l’être encore.
« Comme
une erreur ne suffit pas, une seconde est engagée » se révoltent-ils dans
un courrier envoyé au Préfet, au Conseil Général, au Conseil Général, à la CUB,
à la Mairie de Bordeaux et au Port Autonome, évoquant le passage d’eau, le pertuis, entre les deux
bassins à flot qui va être réduit de 25 à 8 mètres.
Des
recherches ont été engagées par les défenseurs du maintien du pertuis à 25 mètres. Ils ont engagé des contacts avec la société anglaise
« Marina Development Limited », une filiale d’un groupe leader en
Europe de la réalisation et de la gestion de ports de plaisance privé de
standing, financé sur fonds propres.
Dans
un courrier officiel envoyé au Port Autonome de Bordeaux, dont une copie est visible
sur http://bacalan.blogsudouest.com,
cette société envisage l’implantation d’une marina qui, outre les financements
assurés par leurs soins, « induit des emplois directs et indirects non
négligeables et conforte la filière nautique ». Ils souhaitent dans ce
courrier étudier le principe d’implantation d’une marina dans un des bassins du
port de Bordeaux.
Même
si les tractations avec cette société n’aboutissent pas, elles prouvent, selon
Robert Venturi, « que des sociétés sont intéressées par le potentiel des
bassins à flot et leur formidable positionnement géographique au cœur d’une
ville. Ne pas saisir cette opportunité, détruire ce potentiel en
réduisant le pertuis de 25 à 8 mètres, frise l’irresponsabilité et une logique économique à
courte vue. »
Dans
ce courrier, il rappelle l’appel d’offre lancé pour trouver un concessionnaire
pour la gestion du bassin à flot N° 2 en port de plaisance avec des sociétés
comme Guintoli Marine ou la Chambre de Commerce et d’Industrie de Bordeaux qui
étaient intéressées et qui « ont fini par se désister devant l’incohérence
des exigences du Port Autonome en particulier la réduction du Pertuis à 8 mètres de large », insuffisant pour le passage des
multicoques.
Il
est encore temps, avant le début de construction du nouveau pont, de rechercher
les possibilités administratives qui permettraient, sans défavoriser les
entreprises retenues pour la construction d’un pont de huit mètres d’ouverture,
de maintenir le passage à 25 mètres de large.
Pierre
Cétois avance même une proposition : « Pourquoi ne pas réutiliser le
pont principal des écluses, le pont aval, qui sera prochainement remplacé par
un pont neuf pour cause de tramway ? » Il a étudié cette possibilité,
mesurant les deux ponts. « De l’extrémité du contrepoids jusqu’à l’axe du
pivot, leur longueur est identique, seules diffèrent les longueurs des fléaux,
plus court sur le pont aval de 4,50 mètres, affirme Pierre Cétois, évoquant la possibilité de rallonger le fléau ou d’avancer
le quai car « il vaut mieux un passage d’une vingtaine de mètres qu’un de 8 mètres. »
:
Alain Mangini
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