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Lettre aux commerçants

Suite à l’article paru dans Sud-Ouest le 20 novembre (En attendant le tram, la parole aux commerçants à relire dans ce blog) et à la visite du maire rue Achard avant le conseil de quartier, voici un courrier envoyé par Alain Juppé à Vincent Feltesse.

A suivre…


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14 décembre 2007 - Aucun commentaire
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En attendant le tram (Sud-Ouest du 20 novembre 2007)

Bacalan. Après la disparition la semaine dernière de deux commerces, treize seulement subsistent rues Achard et Joseph Brunet, attendant l’arrivée du tramway dans près d’un an

La parole aux commerçants

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Chaque commerçant a pu s’exprimer à la suite de la fermeture la semaine dernière de deux commerces, la boucherie ainsi qu’une épicerie au coin de la rue Arago. Tous ont répondu, exprimant ainsi leurs craintes, mais aussi leurs espoirs.

Revue de détail en partant de la rue Joseph Brunet : Michel Cluzeau, du salon de coiffure Michel, installé depuis 15 ans, commence : « Ça fait un an qu’on est en difficultés à cause du manque de circulation et du stationnement. On aurait pu, pendant les travaux, prévoir un grand parking proche. » « Je suis très pessimiste pour l’avenir, ajoute Pascal Mazoué du bar-tabac-journaux, installé depuis 4 ans, j’espère que l’arrivée du tramway amènera de nouveaux commerces. En attendant, il faut avoir les reins solides. »

Ginette Pando, fleuriste depuis 25 ans sur le quartier semble très en colère : « J’ai l’impression que ces fermetures sont souhaitées. Par exemple, juste avant la Toussaint, on a fermé la rue passant devant mon commerce, de façon intentionnelle. » « Pendant le gros des travaux, nous n’avons pas été trop gênés, avance Dominique Haristoy, pharmacien depuis 1974 à Bacalan, mais nous avons l’impression maintenant que ça n’en finit pas. De plus, les places de stationnement proposées sont en très petit nombre, aucune n’est réservée aux handicapés. La question de la circulation n’est pas réglée, à savoir si la rue Joseph Brunet sera ou non à double sens. »

Anne-Marie Nau, de la coiffure Achard, installée depuis le 1er février 2007, espère « que le tramway amènera de nouveaux clients. Des places en épi auraient permis à un nombre plus important de voitures de stationner à la place de ces trottoirs trop larges. » Grégory Diaz, du Jardin du Sud, installé depuis plus de deux ans, vient d’ouvrir un rayon charcuterie « pour éviter le départ d’une partie des clients vers les grandes surfaces et aussi chercher à pallier la fermeture de la boucherie. Moins nous serons comme commerçants, moins les clients auront de prétextes pour venir. » Justement, Geneviève Tixier, qui a fermé sa boucherie le 10 novembre, souligne : « J’ai déposé le dépôt de bilan avec 62% de chiffre d’affaires en moins. Je n’ai pas eu d’aide car j’étais installée depuis trois ans seulement. Cette fermeture est malheureuse pour les personnes âgées du quartier. »

Daniel Sieuzac, du magasin d’alimentation Spar, installé depuis 28 ans, tire la sonnette d’alarme : « Quand un ou deux commerçants commencent à partir, on entame la descente aux enfers. La désertification commence, liée à la diminution du passage de la clientèle. Plus personne ne vient dans la guérite CUB d’informations, nous avons le sentiment d’être abandonnés. Je n’ai pas, par exemple, obtenu le crédit à taux zéro qui était promis. » Quant à lui , Yann Laugery, boulanger depuis 18 ans affirme : « Je suis toujours très optimiste, mais ce qui m’inquiète, c’est que les commerces qui ont fermés ne sont pas repris alors que ce sont des commerces locomotives pour le secteur alimentaire. »

Frédéric Gimenez, caviste depuis 15 ans envisage un redressement : « Quand il n’y a plus de pouvoir d’achat, la banque coince. Je ne me laisserai pas faire, on ne peut pas nous laisser mourir comme ça. » Haten Benzaa, qui tient depuis 3 ans la pizzeria Tiramisu semble confiant : « Ça va, on arrive à tenir. Ces départs, ça fait mal au cœur. Si nous n’avons plus de commerces rue Achard, les clients ne viendront plus. » Jean-Jacques Massoni, de la boulangerie installée depuis 50 ans sur Bacalan, constate que « peu de clients font la démarche de venir à cause du chantier. Heureusement, à midi, nous avons du monde pour le traiteur. »

Sandrine Delmas, depuis 12 ans au salon Artistic Coiffure regrette les fermetures : « Quand un commerçant ferme, ça gêne tout le monde. Je subis aussi une baisse du chiffre d’affaire, alors j’attends avec impatience la fin des travaux. Les rumeurs d’un possible retard d’arrivée du tramway ici en raison du pont tournant sont inquiétantes. » Sandrine Delmas, également Présidente de l’association Bacalan Dynamic, ajoute : « A cause des travaux, nous ne ferons pas d’animation de Noël cette année, les abords du chantier n’étant pas assez sécurisés. » Pour finir, Jean Vergne, depuis plus de 5 ans buraliste au Gaulois semble confiant : « L’achèvement des travaux s’avance. On attend beaucoup de flux de clientèle grâce à la station de tramway en face de notre magasin. Je suis optimiste. »

Propos recueillis par Alain Mangini

 

 

  • Le chiffre : 27

On peut compter 27 commerces sur Bacalan. En plus des 13 situés rues Achard et Brunet, on en compte 5 sur l’avenue de Labarde, 2 place Maran, 3 boulevard Brandenburg et 4 autres répartis dans d’autres rues du quartier.



  • Le point sur l’arrivée du tram à Bacalan

Jean-Gabriel Bourbon, de la mission tramway, confirme les dates de mise en service sur Bacalan :

- En mai 2008, le tramway roulera jusqu’aux ateliers avec peut-être un arrêt supplémentaire desservi

- En décembre 2008, le tramway roulera jusqu’au terminus


21 novembre 2007 - 1 commentaire
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Miroir, mon bon miroir (Sud-Ouest du 9 octobre)

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Implantée sur le quartier depuis une dizaine d’années, l’entreprise familiale Ader est devenue une référence dans le domaine de la miroiterie bordelaise, avec Michel Ader comme patron, sa fille Betty Octroi au secrétariat et à la comptabilité, accompagné de son gendre Yannick Octroi comme bras droit. Sur Bacalan, lieu d’implantation de l’entreprise, la famille Ader est bien présente. Tout d’abord elle sponsorise les footballeurs du BAC, club formé en 1876. De plus, Michel Ader donne de son temps pour s’occuper bénévolement des benjamins et des poussins du club.

Pourtant, les débuts de la miroiterie n’ont pas été faciles. Michel Ader, peintre-vitrier de formation, a commencé rue Baste. Il en avait assez de la peinture et préférait dépanner les personnes. « Quand nous nous sommes installés rue de la Motte Piquet, dans le Parc d’Activités Aliénor, nous avons renoncé à notre salaire avec ma fille pendant trois ans. » Avec beaucoup de conviction et une énorme présence sur le terrain, proposant des dépannages 24 heures sur 24 tous les jours, l’entreprise s’est étoffée.

Actuellement, la miroiterie Ader est la seule à proposer sur Bordeaux du biseautage de verre effectué sur place. « Nous avons dans notre entreprise un très bon façonneur qui a 33 ans de métier, avoue Michel Ader. Il travaille parfaitement à la main les encoches, perçages et le biseautage ».

De nombreuses machines sont disposées dans l’entrepôt : une table automatique de découpe, une biseauteuse, une table pour découper le verre feuilleté avec une découpe par-dessus et une par-dessous, un appareillage pour détonner, c’est-à-dire séparer les deux morceaux découpés et une résistance qui chauffe et coupe le plastique contenu dans le verre feuilleté. On trouve également une sableuse qui, projetant sur le verre du sable très fin, permet de dépolir certaines parties du verre, créant ainsi dessins ou lettrages à l’aide de pochoirs, eux aussi créés sur place grâce à une machine spécifique.

« Ce sont environ 40 tonnes de verre que nous découpons, travaillons et fixons dans une année » explique Michel Ader. Les lieux d’intervention sont véritablement variés : la verrière de la banque de France, de nombreuses vitrines de commerces bordelais, le stade Chaban Delmas et même un des plus gros et plus luxueux paquebot venu à Bordeaux, sans oublier l’essentiel de la clientèle : les particuliers. « Nous sommes actuellement la troisième miroiterie de Bordeaux » s’enorgueillit Michel Ader qui envisage de laisser bientôt sa place à sa fille et son gendre.

De nombreux verres différents sont proposés, du verre simple dont l’épaisseur varie entre 2 et 10 millimètres au verre feuilleté en passant par le verre imprimé, armé ou teinté sans oublier les miroirs. Pour savoir si on casse beaucoup de verre dans une miroiterie, il suffit de poser la question à Yannick Octroi, le gendre du patron : « Celui qui bat tous les records de casse, c’est le patron. Il laisse son travail pour répondre au téléphone ou recevoir des clients ». Le verre, sur de nombreuses machines, avance lentement, mais tombe sûrement en fin de parcours…

Une chose est certaine : la superstition qui prédit sept années de malheur à celui qui casse du verre ou un miroir n’a aucun sens chez les Ader. « C’est faux » assurent les ouvriers de la miroiterie qui sont très bien placés pour le prouver.

12 octobre 2007 - Aucun commentaire
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