Bacalan. Deux classes
de l’école Achard ont créé un petit film sur la solidarité avec les personnes
âgées
Un
film intergénérationnel

L’intergénération : les élèves de l’école Achard connaissent bien
ce mot puisque deux maîtresses, Isabelle Dauba en CP-CM1 et Stella Pollo en
CE1-CE2, en ont fait leur fil rouge pédagogique depuis des années. « Nous
souhaitons mettre en valeur le respect des personnes âgées et la solidarité, annonce Stella Pollo. De plus, grâce à la proximité
de la Résidence des Personnes Agées située juste en face de notre école, le
contact est facilité. » Les enfants ont à plusieurs reprises rencontré les
anciens, leurs voisins. Dernièrement, ils ont même collaboré étroitement à la
réalisation d’un film dans lequel, jeunes et personnes âgées étaient acteurs.
Cette année,
le thème était identique, mais la démarche différente. « Après avoir
rencontré les personnes âgées et participé avec elles aux activités de sport
adapté, continue Stella Pollo, nous avons décidé avec Isabelle Dauba de réaliser
un film d’animation. » Comme point de départ à cette réalisation, une
chanson. Il aura fallu une semaine de tournage, par petits groupes, avec la
participation des enfants des deux classes qui ont travaillé à la manipulation
des personnages en pâte à modeler, comme dans Wallace et Gromit ou Chicken Run.
« C’était
un travail important, souligne Stella Pollo, nous avons effectué des
corrections grâce au professeur de sport adapté de la maison de
retraite. L’équilibre se joue à tout âge, pour développer des habiletés
motrices ou préserver l’autonomie. Dans
l’éducation à la santé, la notion d’équilibre est équivalente à celle de
prévention des risques de chute. » Lorsque la chute survient, comme dans
le film, « se relever est aussi un apprentissage ».
72 secondes :
la durée de ce film d’animation peut paraître très courte. Pourtant, sur une
bande son excellente, tout est évoqué par l’image. De l’accident, avec la chute
d’une grand-mère, à l’aide d’un jeune garçon qui, après l’avoir relevée et
ramassé le contenu de son panier, la raccompagne chez elle. L’association Marlou
Films, de Floirac, a fait preuve, selon les maîtresses, « d’une infinie
patience pour initier les enfants aux secrets du tournage d’un film
d’animation en apportant leurs compétences et leur savoir-faire dans cette
belle aventure du cinéma ». Toute la partie technique, du tournage à la
finalisation en passant par le montage, a été prise en charge par les Marlous.
Une
exposition.
Un projet
citoyen sur Bacalan, comme celui-ci, a de très fortes chances d’être soutenu
par l’Amicale Laïque de Bacalan, une association présente dans toutes les
activités scolaires et périscolaires du quartier. En plus de son aide
financière sur ce projet, l’Amicale Laïque abrite actuellement dans ses locaux une
exposition qui permet de découvrir en avant-première le film réalisé cette
année, nommé « Panier renversé » ainsi que le décor et ses
personnages. De plus, d’autres personnages et décors des précédents films des
Marlous sont exposés pour le plus grand bonheur des enfants et adolescents du
quartier.
Un « musée »
des films d’animation est proposé à la manipulation avec des thaumatropes ou
roues à miracles, créés en 1825, qui associent deux dessins, comme un oiseau et
une cage. En 1832, on découvre le phénakistiscope, sorte de toupie avec miroir
qui permet de voir une réelle animation, avant le zootrope, datant de 1834,
cylindre percé de fentes qui permet à différentes personnes de suivre une
animation. Les folioscopes ou flip-books, sont apparus en 1868. Ils permettent,
en feuilletant un petit livre, de reconstituer une petite histoire en donnant
l’illusion du mouvement.
Marlous
films propose quatre panneaux sur les films d’animation. « Nous produisons
des films d’animation à partir d’objets, de fruits et légumes, de papiers pliés.
Nous avons ainsi réalisé plusieurs séries comme Soupe Opéra, les animaux des
quatre saisons, Poubelles, Zanimodingos ou Mise en plis qui ont été diffusés
sur les télévisions du monde entier et nous avons reçu quelques prix dans des
festivals internationaux dont celui d’Annecy en 1999. Ce que le public
n’imagine souvent pas, c’est le temps passé à faire un film d’animation :
avec une petite équipe, nous tournons au mieux une minute d’animation par
semaine, sans compter bien évidemment toutes les phases d’écriture des
scénarii, les storyboards, la fabrication des personnages et décors, le montage
et la sonorisation. »
Un dernier mot
des maîtresses concernant la solidarité: « Ce sont vos enfants, au
cœur généreux, qui par leur enthousiasme et leur vitalité donnent tout
particulièrement ici de la vie aux années ».
: Alain
Mangini
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